ille
du docteur Samuel Pozzi – chirurgien, homme du
monde et poète parnassien à ses heures –,
Catherine Pozzi, née en 1882, a grandi dans le giron
du Tout-Paris aristocratique et bourgeois de la fin du siècle
dernier. À vingt-cinq ans, elle épousa Édouard
Bourdet, futur « auteur applaudi des Boulevards »
; très rapidement, le couple se déchira. Quelques
années après la naissance, en 1909, de son
fils Claude, elle devint tuberculeuse… Elle apprit
alors, avec la méthode et le désordre de qui
sait son temps compté, l’histoire de la philosophie
et des religions, les mathématiques, les sciences : elle
passera son baccalauréat à trente-sept ans
pendant la guerre, divorcera et rencontrera, en 1920, celui
qui fut sa plus belle chance et son plus dur échec,
son « très haut Amour »
et son « Enfer », Paul Valéry.
Au terme de huit années d’une liaison presque
secrète, mais terriblement exigeante, riche d’une
réflexion commune et quotidienne, mais douloureuse
et dévastatrice pour tous deux, Catherine Pozzi rompt
avec le « Prince des Poètes »
: elle perd ainsi son lien le plus puissant avec le Paris
des Salons, hanté par les figures d’Edmée
de La Rochefoucauld, d’Anna de Noailles, de Mme Mühlfeld,
de Colette, de Henri de Régnier, et avec le Paris
de la politique, du journalisme et des lettres.
Désormais, c’est une solitude noire et fiévreuse,
traversée de quelques amitiés amèrement
fidèles : Julien Benda, Jean Paulhan, Pierre
Jean Jouve, Jean Guéhenno, Ernst Robert Curtius,
Jacques Maritain, Charles Du Bos… Désormais,
c’est la maladie qui accentue ses ravages, exténuant
à coups de morphine, de laudanum, le corps frêle
et les nerfs à vif. Elle meurt en 1934.
Catherine Pozzi est l’auteur d’une nouvelle
autobiographique anonyme, Agnès (La NRF,
1927), que l’on attribua parfois à Paul Valéry,
et de six Poèmes (Mesures, 1935) que l’on compara
à ceux de Louise Labé. Elle travailla également
à un essai philosophique, Peau d'Âme
(Corrêa,1935), resté inachevé. De 1913
à sa mort, elle tint son Journal : une quarantaine
de cahiers écrits avec une intransigeance, une intelligence
et une difficulté d’être absolues.
• Texte
établi et annoté par Claire Paulhan. Préface
de Lawrence Joseph, auteur d’une biographie de Catherine
Pozzi, Une robe couleur du temps (Éditions
de La Différence, 1988).
• 1 cahier de photographies n. & b. Index des
personnes citées.
• Édition originale chez Ramsay, en novembre
1987. Réédition chez Seghers, en mars 1990.
Reprise en 1997, sous nouvelle couverture rempliée
rouge, par les Éditions Claire Paulhan.
• 17, 5 x 22, 5 cm. 678 pages. Isbn : 978-2-912222-07-7.
• Prix
de Vente public : 25, 91 €
Actuellement épuisé, ce volume a été
réédité chez Phébus, collection "Libretto".