Marcel Sauvage
« Ça manque de sang dans les encriers »

Mémoires 1895-1981

« Mon idéal a toujours été, si je peux me permettre ça,
de savoir le fin mot du monde et de l’humain
 »

nfant du quartier de la « Popinque » à Paris, étudiant en Médecine, Marcel Sauvage (1895-1988) devance l’appel, à l’heure de la Grande Guerre. Il en sort grièvement blessé, alors que s’affirment ses idées pacifistes et individualistes. Dans le Montparnasse des années 20, son goût pour la littérature et l’art se développe au contact des avant-gardes, poètes et peintres – dont Vlaminck, Pascin, Creixams, Penrose, Becker. Il publie dès 1918 des essais, Au rythme des idées, des contes dans Le Matin de Colette, puis des recueils de poèmes : Quelques choses!.. (1919), Voyage en Autobus (1921), Le Chirurgien des Roses (1922), Cicatrices (1923), qui révèlent un « chercheur de rythmes, de mots et de sensations », selon Renée Dunan.
Homme de presse et de réseaux, il participe à d’innombrables feuilles libertaires et fonde avec Florent Fels en 1920 l’importante revue littéraire d’avant-garde Action, sous l’égide de son « maître » Max Jacob.
De santé fragile, il partage sa vie entre le Sud de la France et Paris, entre son épouse Renée et sa maîtresse Paule Malardot, entre le métier de journaliste-reporter et sa flamme de poète, un temps affilié aux anarchistes individualistes. Sa rencontre avec Joséphine Baker, dont il rédige les Mémoires en 1927, le fait accéder à une certaine renommée. Il devient juré du prix Renaudot à partir de 1927, représentant son journal L’Intransigeant, pour lequel il voyage beaucoup.
Dès 1940, il se réfugie en Afrique du Nord, où il mène une existence difficile : il travaille pour le journal T.A.M. [Tunisie-Algérie-Maroc] et un de ses recueils (Poème sans fil) paraît chez Charlot. Fidèle à son condisciple du lycée de Beauvais, Pierre Pucheu, il témoigne, en mars 1944, en faveur de l’ancien ministre, à rebours de l’Histoire. De retour en France en 1945, il est assez isolé et se tourne vers la radio.
Marcel Sauvage est l’auteur oublié de livres divers et surprenants, tel ce recueil de contes, Le Premier Homme que j’ai tué (1929), ce roman de science-fiction, La Fin de Paris ou la Révolte des statues (1932), ce Manifeste du Vitalisme (1939) qui résonne toujours d’une éclatante jeunesse, ou l’inclassable Gardiens de la parole (1947). Écorché et inquiet, il demeure à la recherche d’une fuyante notoriété, confiant à Pierre Humbourg en 1953 : « Un jour peut-être on s’apercevra que je ne suis pas un bâtard de Max Jacob, de Salmon, de Cendrars, non plus que de Prévert. J’écrivais en même temps que les premiers et plus de 25 ans avant le dernier. »
Au début des années 1980, Marcel Sauvage, avec l’aide de Jean José Marchand, écrit ses Mémoires, destinés à être publiés par Luc Estang aux éditions du Seuil. C’est cette autobiographie, restée inédite, que l’écrivain, éditeur et critique Vincent Wackenheim a préfacée et annotée avec verve.

Coll. « Pour Mémoire ».
Parution : 19 avril 2021.
66 illustrations noir et blanc
1er tirage numérique à 300 exemplaires, sur papier Olin Regular ivoire 90 gr et sous couverture Fedrigoni Woodstock Malva 260 gr.
13 x 21,5cm. 524 pages
Prix de vente public : 33 €.

Isbn : 978-2-912222-71-8.

Photo : Marcel Sauvage vers 1935. Ph. Henri Martinie. © Roger-Viollet





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