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sujet de Catherine Pozzi (1882-1934), Jean Paulhan écrivait
au jeune Dominique de Roux, vers 1963 : « Karin
Pozzi était une grande jeune femme, gracieuse et
laide, qui fut la femme de É[douard] Bourdet, la
mère de Claude B[ourdet] et la maîtresse de
Valéry (à qui s’adresse le poème
“ la grande amour…”) Elle n’a pas
écrit d’autres poèmes que ceux-là,
mais une sorte d’essai métaphysique :
Peau d’âme (chez Buchet) et deux ou trois notes
qui ont paru dans la nrf (une sur Julien Lanoë). Ah,
et un admirable récit, Agnès (nrf). »
Presque quarante ans plus tôt, Jean Paulhan, nommé
depuis peu rédacteur en chef de La Nouvelle Revue
Française, avait fait la connaissance de cette
femme fragile et tuberculeuse, énigmatique et hautaine
– alors la maîtresse de Paul Valéry –
qui venait de refuser de signer de son nom son premier texte
publié, Agnès. Du cryptage compliqué
des premiers temps (1926-1927) aux dérobades de l’écrivain
avéré (1930-1932), jusqu’aux tensions
et malentendus (1932-1934) autour d’une œuvre
inachevée de Catherine Pozzi, Peau d’Âme,
cette correspondance croisée entre un auteur hypersensible
et son éditeur pressant et intrigué donne
à comprendre la difficulté croissante d’une
relation que son Journal 1913-1934 laissait déjà
transparaître : chaque nouvel écrit de
Catherine Pozzi, envoyé « à
l’ami, non au grand Directeur »,
est l’occasion d’une nouvelle crise d’incompréhension
mutuelle. « Il y a tant de raisons d’écrire,
outre celle de publier, expliquait Catherine Pozzi
à Jean Paulhan, dans sa lettre du 10 juin 1931.
Par exemple exalter la conscience, l’attention ;
tracer un chemin ; son chemin ; détruire ;
croître. Et tout se ramène à une certaine
forme de vie, qui est l’œuvre par excellence,
et dont, peut-être, la chose écrite se détacherait
plus naturellement et moins perceptiblement s’il était
admis qu’en effet la vie soit l’œuvre.
Cette opinion est d’ailleurs démodée,
tout athénienne qu’elle soit. »
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• Texte
établi, introduit, annoté et « épilogué »
par Françoise Simonet-Tenant. Collection « Correspondances
de Jean Paulhan ».
• Chronologie croisée. Bibliographies de C. Pozzi
& de J. Paulhan. Annexes. Index des noms et titres cités.
Portrait de C. Pozzi par Jean Marchand. Portrait de J. Paulhan
par Paul-Émile Bécat. Lettres et documents reproduits
en fac-similés.
• Édition originale, en avril 1999. Tirage à
800 exemplaires sur Centaure ivoire 90 g., sous couverture
rempliée saumon.
• 13 x 21, 5 cm. 216 pages. Isbn : 2-912222-06-0.
• Prix de vente public : 23 €.
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