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en 1895 dans une famille juive d’Ukraine, Rachel Bespaloff,
exilée à Genève, se destinait à
la musique et à la danse. Mais dans l’entourage
de son père, Daniel Pasmanik, théoricien du
sionisme, elle fit la connaissance du philosophe russe Léon
Chestov, dont elle devint la disciple… Au début
des années trente, le mari de Rachel Bespaloff montra,
à son insu, quelques-unes de ses « paperasses »
philosophiques : Daniel Halévy, qui la lut avec
intérêt, l’accueillit dans son salon
du quai de l’Horloge ; Gabriel Marcel la présenta
en 1938 à Jean Wahl (1888-1974), professeur de philosophie
à la Sorbonne depuis peu, « tout de
suite séduit par cette beauté et cette grande
intelligence ». Lectrice pénétrante
de Kierkegaard et de Heidegger, Rachel Bespaloff, férue
de joutes dialectiques à l’heure de la première
philosophie existentielle, publia des études et des
critiques dans La Revue philosophique de la France et
de l’Étranger de Lucien Lévy-Bruhl
et dans La NRF grâce à son ami Boris
de Schloezer. En 1938, parut son premier livre, un recueil
d’études : Cheminements et Carrefours
(Vrin).
En 1942, elle se résigna à un nouvel exil,
loin de la France qu’elle avait élue pour patrie
intellectuelle ; elle embarqua, avec sa famille, sur
le même bateau que Jean Wahl, à destination
des USA : celui-ci l’introduisit au Mount
Holyoke College (Massachusetts), où elle enseigna
la littérature française. C’est là
qu’elle acheva son second livre, De L’Iliade
(Brentano’s, 1943), et qu’elle se donna la mort,
en avril 1949.
Ainsi commence une étude – « Sur
le fond le plus déchiqueté de l’histoire »
– que Rachel Bespaloff consacra en 1945 aux poèmes
de Jean Wahl : « Ils croissent au bord
de la catastrophe ; au centre de son déchaînement.
Ils suivent la migration d’une civilisation blessée,
d’une rive à l’autre d’un océan
labouré par la guerre ». Depuis le
début de ces lettres, et tout au long de la terrible
décennie 1937-1947 qui rapprocha leurs destins, elle
tenta de cerner la philosophie de Jean Wahl. Mais, au travers
de cette « vérité qu’il
est, non celle qu’il se donne, et qu’on ne peut
déchiffrer sans la faire sienne »,
c’est sa propre pensée, lucide et sensible,
que Rachel Bespaloff révèle.
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• Ce volume
est établi, introduit et annoté par Monique
Jutrin, professeur de littérature française
à l’Université de Tel-Aviv et auteur d’ouvrages
sur Un chardon déraciné : Panaït
Istrati (Maspero, 1970), Marcel Schwob : cœur
double (L’Aire, 1982), Benjamin Fondane ou
le Périple d’Ulysse (Nizet, 1989), Aux
origines du symbolisme : Ephraïm Mikhaël
(en collaboration avec D. Galperin, L’Âge d’homme,
1995). Elle publie également les Cahiers Benjamin
Fondane.
• Annexes (4 textes de Rachel Bespaloff, 2 textes de
Jean Wahl). Repères chronologiques. Bibliographie.
Index des Noms et index des Titres.
7 photographies n. et bl. & 3 fac-similés.
• Édition originale : sortie début avril
2003. Collection « Pour Mémoire ».
Tirage à 800 exemplaires. Impression en caractères
Plantin sur papier Minotaure ivoire 90 g., sous couverture
rempliée couleur safran.
• 13 x 21, 5 cm. 192 pp. Isbn : 2-912222-19-2.
• Prix de vente public : 24 €.
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